L’apnée du sommeil est un bref arrêt respiratoire d’au moins 10 secondes survenant au moins 5 fois par heure. Il est suivi d’un ronflement survenant lors de la reprise de la respiration. C’est pourquoi on confond souvent apnée du sommeil et ronflement.
L’apnée se distingue de l’hypopnée qui consiste en une occlusion incomplète du pharynx, alors que cette occlusion est complète lors de l’apnée. L’hypopnée réduit la ventilation d’au moins 50 %.
Ce syndrome touche 2,5 millions de Français, mais la plupart l’ignorent.
Causes et facteurs favorisants
1) Causes
- Causes obstructives, lorsqu’il y a obstruction des voies aériennes supérieures (nez, bouche, pharynx, larynx). La personne souffrant du Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS) subit un rétrécissement du pharynx causé par un relâchement musculaire, d’où une circulation de l’air plus difficile ou ponctuellement interrompue lors des apnées.
- Causes neurologiques, lorsqu’il y a anomalie du contrôle de la respiration. Il s’agit alors de Syndrome d’Apnées Centrales du Sommeil (SACS).
2) Facteurs favorisants
- L’obésité qui favorise l’obstruction des voies respiratoires..
- L’âge et le sexe : Les hommes sont plus souvent touchés par le syndrome d’apnées du sommeil, mais les enfants et les femmes post-ménopausées peuvent également en être victimes. Les risques augmentent avec l’âge.
- La consommation d’alcool et de médicaments (tranquillisants, hypnotiques) qui favorisent un relachement des muscles du pharynx.
- Certaines maladies, sans doute à la fois facteurs favorisants et troubles favorisés par l’apnée du sommeil : le diabète, l’hypertension.
- Une malformation impactant la respiration : le rétrognathisme (menton rentré en arrière).
Conséquences
1) Conséquence directe : des troubles du sommeil
Les pauses respiratoires provoquent des réveils incessants, mais le dormeur n’en a pas forcément conscience. Le sommeil profond, sommeil récupérateur, est plus rarement atteint chez l’apnéique. De plus le sommeil paradoxal -donc les rêves- est moins fréquent. Les ronflements gênent l’entourage.
2) Conséquences indirectes :
- Fatigue, manque d’énergie dès le matin.
- Troubles de la concentration et de la mémoire.
- Altération de l’humeur, irritabilité et tendances dépressives.
- Somnolence durant la journée, avec pour conséquence un risque plus élevé d’accident de la route.
- Accroissement de l’obésité : le manque d’énergie dû aux apnées nocturnes conduit à avoir moins d’activité physique.
- Accidents cardiovasculaires et cérébraux
L’apnée du sommeil multiplie par deux le risque d’accident vasculaire cérébral. Les apnées du sommeil non traitées fatiguent le cœur et l’hypertension y est souvent associée.
Diagnostic
- Le constat d’un nombre important d’épisodes de somnolence durant la journée est un signal d’alerte.
- La polygraphie respiratoire ou polysomnographie consiste en un enregistrement des paramètres respiratoires, cardiaques et du taux d’oxygène dans le sang, sur toute la nuit. Elle peut être pratiquée dans un établissement hospitalier ou à domicile, et permettra de confirmer les apnées du sommeil.
Traitement des apnées du sommeil
1) Traitement direct des apnées
- Le traitement idéal consiste en une amélioration de la respiration, et en fournissant de l’oxygène à l’aide d’un masque de ventilation en Pression Positive Continue (PPC). Ce traitement nécessite une adaptation du dormeur –et de son conjoint- qui peut être initialement gêné par le port et le bruit du masque.
- Un appareil dentaire peut avoir un effet bénéfique dans le cas d’apnées modérées. L’orthèse d’avancée mandibulaire, placée dans la bouche, maintient la mâchoire inférieure en avant pendant le sommeil. Cela libère le passage de l’air au niveau du pharynx et diminue les apnées obstructives.
- Un traitement chirurgical existe mais les taux de réussite sont variables et les complications habituellement liées à une anesthésie générale sont à prendre en considération.
- La stimulation électrique du nerf hypoglosse qui fait avancer la langue, à l'aide d'un pacemaker : cette toute nouvelle thérapeutique est encore à l'essai, notamment au CHU de Bordeaux en liaison avec un laboratoire américain.
- Traitements alternatifs :
* La musculation des muscles de l'espace laryngo-pharyngé par le chant, la pratique d'un instrument à vent.
* Un exercice de Qi Gong : la respiration souffle du vent
| La respiration taoïste "souffle du vent" |
| Le soir avant de dormir S'asseoir au bord d'une chaise, ou les jambes croisées sur un coussin épais Yeux fermés |
| Inspirer bouche fermée, la pointe de la langue touchant le palais Les yeux fermés regardent 30° vers le haut |
| Expirer bouche bien ouverte, la pointe de la langue touchant le plancher de la bouche Les yeux fermés regardent 30° vers le bas Tout en expirant, émettre longuement le son "HA" |
| Continuer ainsi en allongeant progressivement le souffle |
| Poursuivre durant au moins 10 minutes en prolongeant le temps de l'expiration pour rééduquer le diaphragme à ne pas se bloquer en phase inspiratoire |
2) Traitement des facteurs favorisants : traitement du diabète, de l’obésité, de l’hypertension…
En raison de conséquences pouvant être graves pour la santé, il est important de ne pas négliger ces perturbations du sommeil et de consulter son médecin en cas de fatigue permanente, d’irritabilité, de problèmes de concentration et de mémoire, de ronflement, de somnolence diurne et d’hypertension.